l’invitée du numéro spécial du journal Le Sahel était la Présidente du Comité de Gestion du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP).
À l’occasion du deuxième anniversaire de l’accession au pouvoir du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), l’invitée du numéro spécial du journal Le Sahel était la Présidente du Comité de Gestion du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP).
A lire l’intégralité de l’entretien qu’a accordé, Mme Réki Moussa Hassane, épouse Brah Ali, au quotidien le Sahel.
▪️Bonjour Mme la Présidente, pouvez-vous nous rappeler
les objectifs du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde
de la Patrie ainsi que sa gouvernance ?
Merci bien à l’ONEP pour cette opportunité que vous
nous offrez afin de parler du Fonds de Solidarité pour la
Sauvegarde de la Patrie. Il faut rappeler que la création du
FSSP est intervenue dans un contexte particulier de notre
pays. Au lendemain de l’avènement du CNSP, la communauté
internationale et même régionale a imposé au peuple nigérien
des sanctions très dures. C’est dans ce contexte que le FSSP
a été créé afin de participer à la quête de notre souveraineté,
notamment sur le plan sécuritaire, alimentaire et économique.
Cinq (5) objectifs ont été assignés au FSSP: la mobilisation de
ressources ; le financement des appuis au renforcement des
capacités des Forces de Défense et de Sécurité en les dotant
d’armements et de moyens logistiques ; la participation à la
prise en charge des citoyens victimes de déplacement forcé
lié à l’insécurité, leur relocalisation, leur réintégration locale
et retour volontaire ; la prise en charge de la mobilisation
sociale des populations dans le cadre des actions citoyennes
et la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes
à travers le financement des projets innovants, c’est l’objectif
le plus récent consacré par la dernière ordonnance du 16
août 2024. Cette dernière a consacré à cet effet, la mise en
place d’un Fonds d’Investissement Souverain. Il s’en suivra
un décret d’application pour le rendre opérationnel.
Pour ce qui concerne la gouvernance, un dispositif de gestion à
deux niveaux (stratégique et opérationnel) a été mis en place.
Au niveau stratégique, un comité de gestion de huit membres
que je préside et, au sommet, un ordonnateur en la personne
du Secrétaire permanent du CNSP. Au niveau opérationnel,
le Comité de Gestion est assisté par un personnel d’appui,
des prestataires et des volontaires. Globalement, le fonds est
animé par une équipe d’une quarantaine de personnes.
Pour bien assurer la communication, la sensibilisation des
Nigériens, nous avons mis en place un noyau national et
des noyaux régionaux qui appuient les gouverneurs dans la
sensibilisation pour l’adhésion populaire. Pour être encore
plus proche de la population, nous avons lancé l’initiative
« Tchéton Kassa » le 28 mai 2025 à Niamey dans le Vè
arrondissement. Cette initiative a pour objet de sillonner
chaque semaine un quartier afin d’informer, de sensibiliser
et d’écouter la population. En région, c’est Zinder qui a étéretenue pour la phase pilote de l’initiative « Tchéton Kassa»
animée par le noyau régional.
Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre de la redevabilité
et la reddition des comptes, sera étendue bientôt aux autres
régions, de sorte que d’ici la fin de l’année, tous les noyaux
régionaux soient davantage actifs.
▪️Mme la Présidente, combien de ressources avez-vous
mobilisées à date ?
En termes de mobilisation, nous sommes à la date du 23
juillet à 29 794.389.359 FCFA dont 32 % constituent les
contributions volontaires.
Je voudrais également rappeler qu’en ce qui concerne
la mobilisation de fonds, il existe deux catégories de
contributions : les contributions volontaires et les prélèvements
institutionnalisés. S’agissant des contributions volontaires,
le FSSP reçoit des contributions en numéraire (espèces
et chèques) et en nature des populations, des entreprises
publiques, des entreprises privées et de tout autre opérateur
économique ainsi que des ONG, Associations, projets et
programmes de développement, de la diaspora et des amis
du Niger. Quant aux prélèvements institutionnalisés, au
nombre de onze, le FSSP reçoit des ressources provenant
de plusieurs secteurs d’activités.
▪️Mme la Présidente, quelle utilisation avez-vous faite
de ces ressources et dans quels secteurs avez-vous principalement intervenu ?
A ce niveau, je dois préciser que l’ordonnance prévoit
deux types de dépenses : les dépenses d’intervention et
les dépenses de fonctionnement. En termes de dépenses
d’intervention, nous avons les acquisitions et le financement
des projets. Les acquisitions sont faites au profit des FDS.
Ainsi, des centaines de véhicules et motos, de matériels
stratégiques de sécurité et de transmission, de la pneumatique
et autres équipements de travail ont été livrés aux FDS. Le
coût total de ces acquisitions pour la sécurité s’élève à plus
de 15 milliards F CFA. Par ailleurs, le FSSP a financé trois
projets, dont :
• Le Programme Grande Irrigation : Réhabilitation des
aménagements hydroagricoles des sites CDA et LADA dans
la région de Diffa pour un montant de 2 224 172 950FCFA,
dont 70% sont décaissés. Le maitre d’œuvre est l’ONAHA
qui a eu à aménager plus de 200 ha du site CDA à Diffa
où on produit plusieurs spéculations (riz, maïs, blé, etc.), à
réhabiliter 11 forages et à réaliser 10 autres afin de renforcer
le réseau d’irrigation. Ce projet a favorisé la création de 1 394
emplois dont 331 permanents. Il comprend aussi les travaux
de réhabilitation et de rechargement de l’ancienne digue d’un
kilomètre et la construction d’une nouvelle digue d’un km pour
protéger les aménagements et la ville de Diffa.
• Le Projet de commercialisation du poisson de Diffa pour
le développement de la filière poisson, l’encadrement et
l’accompagnement des acteurs de la chaîne de valeur.
Le FSSP participe à hauteur de 375 millions de FCFA en
financement match avec d’autres partenaires. Ce financement
consiste à l’achat de plusieurs équipements pour assurer la
conservation du poisson frais. Les acquisitions sont en cours.
• Le Projet ILMI DA NASIHA A MISSALI : d’un coût total de 118
millions de FCFA, est porté par l’Union des Scolaires Nigériens
(USN). C’est un projet de sensibilisation et d’éducation
de masse axé sur la citoyenneté, la consommation des
stupéfiants et la désinformation. Cette campagne a permis
d’atteindre des centaines de milliers de nos compatriotes. Les
scolaires ont aussi prêché par l’exemple en récupérant 4 026
tables-bancs cassés et plantant 7 000 plants dont 40% sont
des arbres fruitiers.
Globalement, nous sommes à 16 621 864 377 FCFA de
dépenses pour les acquisitions et les projets. Nous attendons
d’autres équipements pour lesquels les contrats sont déjà
signés.
Je tiens aussi à préciser qu’à ce jour 95% des ressources
sont consacrées aux acquisitions au profit des FDS pour
renforcer le sécurité, 4% au financement des projets et 1%
pour le fonctionnement et la mobilisation des ressources.
▪️Mme la Présidente, avez-vous un programme spécifique
pour les familles de nos vaillants combattants tombés
sur le champ d’honneur ?
Notons que les familles des FDS sont soutenues par un
service dédié du ministère de la défense nationale. Nous
participons à ce soutien en termes d’affectation de certaines
contributions en nature. C’est ainsi que, Le FSSP a attribué
plus d’un milliard de FCFA de bourses d’étude destinées aux orphelins des FDS et aux FDS dans le cadre du renforcement
de leurs capacités. Des vivres, du bétail, de l’habillement
pour enfants et adultes, kits de cuisine à gaz, des jouets, des
plants d’arbres ont été également affectés aux familles des
FDS et aux opérations civilo-militaires.
▪️Mme la Présidente, y a-t-il eu d’autres affectations des
contributions en nature ?
Nous avons réceptionné plusieurs contributions en nature
dont des matériels médicaux, médicaments ainsi que des
ambulances affectées au Ministère de la Santé. Il y a aussi
des matériels didactiques (livres, cahiers, craies, etc.) affectés
au ministère en charge de l’Education ; de l’engrais affecté
au ministère de l’Agriculture ; des véhicule, pneumatique,
huile de vidange et accessoires, garage mobile, des tenues
militaires, du carburant, etc. affectés aux ministères en charge
de la Défense et de l’Intérieur.
Nous avons aussi réceptionné des services comme la
connexion Internet fournie par une société privée, les
couvertures médiatiques gratuites de nos activités qui sont
aussi des contributions inestimables. Bref, la valeur des
contributions en nature affectées s’élève à 3 518 686 898 de
FCFA.
▪️Que peut-on retenir en termes de perspectives pour le
FSSP?
Les perspectives majeures du FSSP se présentent comme
suit :
• Le renforcement des ressources avec des nouvelles
niches pour mieux adresser les priorités sécuritaires mais
également les autres objectifs. A cet effet, depuis six mois,
nous sommes en réflexion pour identifier de nouvelles niches
de prélèvements afin d’accroitre les ressources du FSSP ;
• L’opérationnalisation du Fonds d’Investissement (FI) ;
• La création d’alliances stratégiques avec des partenaires
comme les médias qui jouent un rôle important dans la
communication de proximité.
Je saisis cette occasion pour remercier l’ensemble des
contributeurs pour nous avoir permis d’atteindre ces
objectifs.
Recueillis par Zabeirou Moussa
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